Happy birthday EP mais aux urnes citoyens européens.

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Par Emmanuel Morucci

Les élections parlementaires européennes ont lieu du 4 au 7 juin. Cela fait exactement 30 ans que les députés sont élus au suffrage universel. Une nouvelle législature commence la semaine prochaine. Elle devra remettre l’Europe sur de bons rails économiques et préparer ce que les citoyens attendent : l’Europe politique. Les députés élus devront, à  la fois, s’assurer que la solidarité européenne, une des valeurs de base de la construction européenne, fonctionne à  plein et mettre en place les conditions d’atteindre l’objectif attendus par ces mêmes citoyens de créer des emplois durables.

Mais les problématiques qui vont se présenter aux nouveaux élus sont très larges. Parmi les enjeux de cette élection européenne il y a des choix fondamentaux à  opérer, des décisions impératives à  prendre sur le climat par exemple mais partenariat constant avec le reste du monde. L’indépendance énergétique (approvisionnement de l’Union et productions d’énergies) en est un autre exemple complexe car condition de la prospérité de l’Union tout comme celle de la stabilité de la planète.

Les députés formeront cette nouvelle assemblée transformée par rapport à  ce que l’on connaissait jusqu’à  présent. Leurs propos vont désormais peser dans les échanges diplomatiques, économiques, commerciaux, sociaux, éthiques avec notamment les USA, Russie sans doute, mais aussi avec les pays émergents aujourd’hui incontournables. Il s’agira en outre , pour eux et dans le cadre de la nouvelle gouvernance de l’Union, en lien avec la société civile, de proposer un véritable et efficace plan de développement vers les pays qui ont en le plus besoin.

C’est un parlement qui va voir ses pouvoirs et compétences croitre. Si la législature commencera avec le Traité de Nice, elle passera très vite sous les reformes qu’apportera le Traité de Lisbonne. Sans doute dès le 1 janvier prochain. Ainsi, le parlement européen devient progressivement un vrai parlement et son rôle est de plus en plus central et important dans le système politique de l’Union européenne.

C’est ici que l’on peut s’inquiéter de deux choses. La première est l’abstention annoncée. Les jeux étant fait à  l’avance (on sait avant le scrutin qui va être élu – l’élection est donc un simulacre notamment parce que toutes les listes candidates n’ont pu se faire connaitre – Je citerai les listes Neweuropéan pour l’exemple dont il reste à  télécharger le bulletin sur internet). La classe politique n’a pris (ou n’a pas voulu) la mesure de l’enjeu et n’a pas su expliquer les enjeux réels de cette élections comme elle ne s’est pas étendue sur ce à  quoi allaient servir les députés européens élus. Les thèmes ont plutôt été de nature nationale et souvent antigouvernementale que tournée vers la dimension européenne et la place de l’Union dans notre vie quotidienne. On a aussi agité beaucoup de chiffons rouges telle la Turquie ou la reconduction du président actuel de la Commission M. Barosso.

La seconde chose à  prendre au sérieux avant d’aller voter est la qualité du discours politique proposé par tel ou tel parti. Sa capacité à  faire bouger l’Europe et y porter les principes et valeurs qui président à  l’Union européenne. En ce domaine, on le voit clairement, la crise est un déclencheur important de réflexions. Il n’est plus possible aujourd’hui de se laisser aller à  une critique souverainiste ou anti européenne du type de celle que nous avons connu alors du traité constitutionnel. Il faut être lucide et ne pas priver l’UE des moyens dont elle a besoin pour fonctionner très correctement. L’Europe, son Idée et ses citoyens sont trop importants pour que l’on puisse jouer avec eux. C’est donc vers des propositions crédibles qu’il faut se tourner, vers ceux dont on sait qu’ils auront la capacité à  construire une Europe solide, tournée vers le monde et soucieuse de ses citoyens. La construction européenne est complexe et il s’agit d’élire des personnalités capables de se faire s’entendre, de façon volontaire et sur des sujets de plus en plus importants pour les 27 Etats membres. En même temps, ces élus doivent être solidement ancrés dans un territoire et connus de leurs concitoyens car ils ne représentent pas seulement un Etat membre ou un courant politique mais aussi des citoyens auxquels ils doivent s’engager à  rendre des comptes. Sur ce point on peut espérer qu’une de leur première tà¢che sera de proposer un nouveau mode d’élection des parlementaires européens.

Ils devront en outre rechercher le consensus des cultures et faire du « lien européen ». Les enjeux sont tels que la recherche du bien commun est une priorité. L’unité dans la diversité certes, mais l’union est primordiale aux yeux des Européens car les sujets sont graves : crises, sécurité, économie, migrations, réchauffement climatique et énergie sont les champs d’intervention de nos députés européens qui devront influencer selon nos principes et nos valeurs la mondialisation.

En France c’est le 7 juin que l’on vote. Il convient absolument d’éviter la confusion entre des considérations de politique nationale et les enjeux européens. Il y a un temps pour tout. La politique régionale et nationale sera pour dans quelques mois. Voter aux européennes, c’est exprimer un choix de société. On ne va tout de même pas s’en priver.


Emmanuel MORUCCI,

Président de la Maison de l’Europe de Brest-Bretagne Ouest

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