Avis de tempête sur les dirigeants : De la roulette russe à hara-kiri

rcf
Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Google+0Email this to someone

Chronique du 8 décembre 2016 – RCF

Que de changements politiques en quelques semaines en Europe !

L’année 2017 aura vu disparaître du paysage politique européen des personnalités éminentes en France, au Royaume-Uni ou encore en Italie. 

Dans l’hexagone, c’est l’éviction de l’ancien président  de la république qui marque les esprits, suivie de celle de l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac éliminé au second tour de la primaire. Restent donc à droite, pour l’instant, des candidats eurosceptiques ou anti européens : Marine le Pen et François Fillon. 

Avec, dans la foulée, une question : « Que va-t-il ressortir de la primaire à gauche ? Qui va l’emporter entre le candidat pro-européen Valls et les eurosceptiques ? » Nous le verrons dans quelques semaines.  Au centre gauche, l’espace semble désormais occupé par le candidat Macron qui lui ne cache pas son intérêt pour une construction européenne affirmée. 

Outre-Manche, c’est le Brexit qui a provoqué le départ de David Cameron ; le processus de départ est bel et bien en route ; en tous cas du côté de la Commission européenne et de son négociateur, l’ancien commissaire et ministre français Michel Barnier. Ce dernier se donne jusqu’à octobre 2018 pour que le départ soit effectif et les nouveaux accords signés. La lettre de la Première ministre anglaise devrait arriver à Bruxelles début mars. 

Le dernier événement concerne l’Italie qui, par un référendum sur une question institutionnelle nationale, peut secouer l’Union européenne, impactée par des crises successives mais trop répétitives. C’est le risque que prend un gouvernement qui organise des référendums. Ces consultations peuvent se transformer en plébiscites pour ou contre le pouvoir. En l’occurence ici c’est contre le Premier ministre Renzi que le peuple s’est exprimé, ne répondant en cela aucunement à la question posée. 

Le point commun de ces récentes consultations réside dans le sort réservé à celui qui a posé la question : désagrégé de l’espace politique en quelques jours ! Le principe même du référendum se pose si d’une part les citoyens détournent la question de son objet, et si d’autre part ils agissent systématiquement comme un rejet du pouvoir provoquant de facto le départ du dirigeant qui l’incarne. Qui osera prendre le risque d’interroger son peuple de cette manière sauf à vouloir se faire hara-kiri ?

Tout espoir n’est pas perdu : en Autriche, c’est l’arrivée d’un président pro-européen qui marque l’actualité. Cet homme, écologiste par engagement politique, est un européen convaincu. Il a porté haut et fort le pavillon aux douze étoiles. C’est dans le cadre d’une Europe organisée et sur ce projet qu’il a été élu. L’Autriche impliquée dans la construction européenne, voilà en tous cas une franche réponse au Brexit !

Un bel exemple de civisme et de sens des responsabilités.

Emmanuel Morucci

Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Google+0Email this to someone