L’Europe s’invite dans la présidentielle

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L’Europe, dont le nom même était à éviter dans les discours politiques il y a encore peu de temps, revient par la grande porte. Il était de bon ton de critiquer cette fameuse Union européenne… Et puis, il aura fallu un Brexit, un éternuement de Poutine et une élection de Trump pour que les Européens prennent conscience du capital de sécurité, de paix et de prospérité que représente l’Union européenne. À tel point que la tendance s’inverse. Là où il fallait manifester « contre », eh bien maintenant on défile et on scande « pour » ! Cela part d’Allemagne, des Pays-Bas, des pays du nord de l’Europe et cela gagne la France. Les mouvements ont pour nom Pulse of Europe ou encore March for Europe. Ils viennent conforter des associations plus anciennes comme les mouvements fédéralistes européens. Ces derniers œuvrent pour se retrouver à Rome en Mars à l’occasion du 60e anniversaire du Traité éponyme.

L’idée est assez claire : ramener l’esprit européen au cœur de la pensée politique à quelques mois des élections présidentielles en France, des législatives en Allemagne et des élections générales aux Pays-Bas. Même les institutions européennes y mettent leur grain de sel à l’image de la campagne de communication initiée par la Représentation en France de la Commission européenne baptisée Les décodeurs d’Europe. L’objectif est direct : il s’agit de tordre le cou aux idées reçues sur l’Europe, aux prénotions, aux préjugés et toutes idées fausses véhiculées ces dernières années par les partis populistes et souverainistes. Une manière aussi de tacler le ministre français des affaires européennes qui sur le sujet a été particulièrement discret pour ne pas dire silencieux ces dernières années.

Même le commissaire européen Pierre Moscovici y est allé de son couplet, portant la bonne parole de son institution : « pour la présidentielle, je suis en attente d’Europe » dit-il. Souhaitant que le 25 mars, jour anniversaire du Traité de Rome signé il y a 60 ans, soit un jour de relance pour l’Union européenne, que ce soit un événement politique, pour affirmer l’unité européenne. Et d’annoncer la publication par la Commission européenne d’un livre blanc qui couvrira l’ensemble des sujets de l’Union européenne à 27, la sécurité, la défense, l’immigration, la jeunesse. Une occasion de parler de la zone euro qui doit devenir le fer de lance de l’Union européenne.

Mais c’est aussi une mise en garde : l’attitude de la France sera décisive pour l’avenir de la zone euro. Et de rappeler les candidats à la présidentielle à respecter les règles européennes en matière de déficits budgétaires. Il est vrai que dans leurs promesses électorales, plusieurs d’entre eux annoncent vouloir s’en affranchir.

L’Europe entre donc maintenant comme invitée d’honneur dans le débat de la présidentielle.

C’est une bonne chose, car celle ou celui qui aura la charge de notre pays aura aussi la responsabilité partagée de l’Union européenne et de sa présence effective dans le jeu mondialisé.

 

Emmanuel Morucci

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