Brexit : quels changements pour la Bretagne ?

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Co-organisée par le Conseil régional et la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne ouest, une conférence sur les incidences du Brexit sur la Bretagne s’est tenue le 2 mars à l’UBO à Brest devant une centaine de personnes.

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Tous les intervenants ont souligné l’ampleur de l’onde de choc créée par le Brexit. Dans son mot d’accueil, M. Emmanuel Morucci a insisté sur la citoyenneté européenne malmenée et fortement déstabilisée, tandis que Mme Forough Salami-Dadkhah, vice-présidente du Conseil régional, appelait à faire preuve de mobilisation afin que les impacts soient amortis au maximum dans l’intérêt des acteurs bretons.

Au travers de la restitution de cette étude inédite en France, Jean Hamon, président du CESER, a exposé les enjeux sous divers angles :

– Sur le plan économique, il est à prévoir une perte du pouvoir d’achat des Britanniques ainsi qu’une baisse de compétitivité pour les exportations bretonnes, à relier aux incertitudes concernant les changements tarifaires, mais aussi de forts impacts également pour le tourisme, les transports transmanche et la mobilité étudiante. Le ralentissement des échanges commerciaux et des investissements avec le Royaume-Uni, partenaire important, exercera une pression sur les prix.

– Sur le plan social, plusieurs secteurs se trouvent directement concernés : pas moins de 50 entreprises et 3700 emplois directement affectés dans différents secteurs : transport transmanche, pêche, filière agricole, emplois saisonniers, industries agroalimentaires.

– Sur le plan sectoriel, plusieurs domaines se trouvent en première ligne : la pêche (zones de pêche, quotas, marché, gouvernance), le transport maritime et aérien transmanche, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, le tourisme (les Britanniques constituent la première clientèle hôtelière en Bretagne), la recherche (74% des projets collectifs bretons se nouant avec des partenaires britanniques) sans oublier la situation des 13 000 résidents britanniques en Bretagne.

– Géographiquement parlant, aucune zone n’est épargnée de la Bretagne nord aux zones côtières, du centre Bretagne aux deux métropoles.

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– M. Desmond Clifford, chef de cabinet du Premier ministre gallois, a souligné la fracture profonde dans la société entre la population qui s’est prononcée à 52% pour la sortie de l’UE alors que les dirigeants gallois ont eux voté le « remain » à 100%, exposant que « la bataille s’est perdue, non pas dans les semaines de campagne mais dans les 20 ans qui l’ont précédée ». Pour le gouvernement gallois, c’est le Royaume-Uni qui sort de l’UE mais le Pays de Galles ne quitte pas l’Europe, souhaitant la construction de nouvelles relations et un Brexit le plus soft possible. Dans cette double perspective, un livre blanc vient d’être publié outre-Manche. Des propos que n’a pas démentis Maggie Fee, représentante des Britanniques en Bretagne (Association Integration Kreiz Breizh).

Le Brexit concerne donc bien toute la Bretagne, impactée très directement, et dans toutes ses dimensions. De la population aux responsables économiques, des élus aux acteurs locaux, c’est toute une chaîne qui doit se mobiliser pour créer de nouvelles relations économiques.

Le Brexit met en évidence la nécessité de communiquer et d’informer les citoyens. Voulant en tirer les conséquences, la région Bretagne réaffirme haut et fort son attachement à l’Europe et s’engage à tout mettre en œuvre pour relever ce défi, avec l’implication des Bretons.

 

 

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