Le temps du Brexit est arrivé

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 Le gouvernement britannique a voté cette semaine le déclenchement du Brexit, qui aura lieu d’ici fin mars. C’est l’occasion pour nous, Européens, de nous rendre compte que l’Europe n’est pas qu’une affaire de financiers.

Les parlementaires britanniques et la Chambre des lords ont enfin voté la loi qui permet la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La date la plus probable pour que l’article 50 soit activé par la Première ministre se situe la dernière semaine de ce mois, les 24 ou 25 mars au moment d’une session du Parlement de Londres. Ainsi, près de neuf mois après le référendum, les négociations de sortie vont pouvoir commencer. Les vraies réponses au vote du Brexit vont désormais apparaître. Et les divisions sont importantes au Royaume-Uni. Le discours même de Theresa May laisse les Britanniques sur leur faim. Mais cette dernière n’est guère rassurante. Selon le magazine Forbes, elle aurait promis des larmes et du sang à ses compatriotes pour, je cite, « triompher de l’adversité ». Et il lui faudra talent, force et courage pour négocier la séparation irrévocable avec l’Union européenne. Elle n’en manque pas, ni de volonté pour défendre bec et ongles le système financier et son implantation stratégique au cœur de Londres, alors même que les autres pays européens multiplient les offres fiscales pour attirer les grandes firmes supposées quitter le Royaume-Uni.

Elle devra également renégocier tous les traités commerciaux avec chacun des pays du monde entier. Vaste programme. Il y en a pour des années et les coûts directs et indirects sont faramineux. Sans compter le remboursement à l’Union européenne de 60 millions d’euros. Et là ce sera le tour du Président du Conseil européen de sortir la phrase désormais culte « : « I want my money back ».

Et puis il y a cette question cruciale des résidents européens sur le sol britannique. Après le vote des lords, on pensait à une éventuelle proposition d’ouverture. Mais non, les Commons ont soutenu le choix de la Première ministre. Ce qui a entraîné une immédiate réaction des dirigeants des collèges universitaires d’Oxford qui eux affirment : « les travailleurs et résidents de l’UE doivent rester au Royaume-Uni ». Mais trop tard, semble-t-il. Sans compter la réaction des Écossais qui, ayant voté à 62% pour rester dans l’Union, envisagent de se dissocier de l’Angleterre. Ce serait alors la fin du Royaume d’Elizabeth. Et le début d’un processus de fragmentation qui pourrait faire tache d’huile en Europe. Que dire des Gallois ? Leur peuple a voté pour la sortie mais le gouvernement affirme sa volonté de garder des liens très forts avec l’UE. Là non plus, la partie n’est pas gagnée pour Theresa May. Et je ne parle pas du problème irlandais qui pourrait ressurgir avec le rétablissement de la frontière avec la République d’Irlande. On le voit, les Britanniques entrent dans une période d’incertitude. Elle va toucher tous lesdomaines de leurs activités. Et pas seulement l’économie ou la finance. Car la relation à l’Union européenne ne se réduit pas à ces outils de gestion. Les Britanniques vont s’en rendre compte et les Européens également.

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