Europe : Stop ou encore ?

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Plus que jamais, l’Europe est un facteur décisif de l’élection présidentielle française. Sera-t-elle un élément de division profonde ? On peut le penser dans cet entre deux tours. D’un côté les proeuropéens soutenus par l’ensemble des responsables politiques se retrouvant dans le projet européen, et de l’autre un mélange hétéroclite de personnalités axant leur projet sur une perspective incertaine car basée sur la séparation avec l’Union européenne. On note également chez certains électeurs, et on peut s’interroger sur la raison profonde, une volonté de repli sur soi avec une fermeture des frontières, supprimant jusqu’aux échanges commerciaux et culturels internationaux.

Sortir de l’Union européenne, fermer les frontières nationales, pourquoi pas ? C’est réalisable. Mais l’électeur a-t-il conscience de sa responsabilité vis à vis  des générations futures ? Notre vote entraîne une décision qui va au-delà de nous mêmes. Sait-on que, si l’on ferme dans le sens des entrées, on ferme également dans le sens des sorties. Si dans certains esprits ce n’est pas grave d’empêcher de sortir, y a-t-il l’idée que les citoyens français ne pourront plus, sans formalité, entrer dans un autre pays européen ? Un retour à l’après-guerre en quelque sorte, mais surtout aux nationalismes.

Ce qui est certain, c’est que deux visions de l’Europe, du monde se dessinent. Deux paradigmes. L’un porté par le candidat d’En Marche, proeuropéen affirmé, porteur d’une vision intégrée de l’Union européenne devenue puissance et basé sur l’idée d’une France participant de plein droit dans la définition des projets. C’est un regard plus tourné vers l’ouest mais qui ne ferme pas la porte à l’est de l’Europe. Le second, porté par la candidate du Front national, met en perspective la vision d’une Europe plus proche de la Russie et de son dirigeant Poutine. C’est l’idée d’une Europe plus tournée vers une autre forme d’Union : la CEI plutôt que l’UE. Elle partage ce point de vue avec le candidat du premier tour Monsieur Mélenchon. Les questions des migrants, du terrorisme, des échanges économiques, sociales, de la sécurité et  de la défense sont des réalités et le seront encore après le second tour. Avec d’autres, non moins importantes, elles sont centrales dans la vision que l’on veut avoir de la France, de l’Europe et de la France dans l’Union européenne.

Au final, cette élection permettra, par l’enjeu qu’elle représente, le maintien ou non de la France dans l’Union Européenne. On remarque, et c’est bien dommage, que cela a davantage passionné nos concitoyens européens que les Français eux-mêmes. Cette élection aura également intéressé les gouvernements européens, les médias des États membres et les puissances mondiales. Preuve, s’il en fallait une, que le projet européen est un élément important dans le dispositif économique et géopolitique mondial. Oui mais voilà, la prise de conscience en revient aux électeurs français. Et à eux seuls.

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