Quelque chose a changé en Europe…

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Le 9 mai 1950 Robert Schuman, alors ministre des affaires étrangères, prononçait au salon de l’horloge du Quai d’Orsay une déclaration qui allait changer le cours de l’histoire et permettre de construire l’Europe pacifiée.

C’était déjà une véritable architecture que proposait Schuman. Il posait les valeurs de l’Union, instaurait un processus menant à la supranationalité et à la citoyenneté.

67 ans plus tard, le président de la République française nouvellement élu, Emmanuel Macron, prend la parole et célèbre la Journée de l’Europe comme une journée particulière. Cela tranche avec des années de silence gouvernemental et de désintérêt pour l’Europe. On a tout à coup l’impression que l’Europe n’est plus seulement une technique politique mais qu’elle entre dans le quotidien.

Le président annonce ses chantiers pour l’Europe, dont un auquel il attache une importance particulière : il souhaite que naissent dans tous les pays de l’Union des conventions afin que les citoyens puissent dire quelle forme d’Union européenne ils souhaitent. L’idée est bonne, car l’initiative peut permettre de s’acheminer vers une convention susceptible d’écrire un texte constitutionnel d’une Union plus intégrée.

La procédure est sans commune mesure avec le traité de 2005. Ce dernier n’avait pas été bien reçu car les conventionnels, s’ils avaient réalisé un travail remarquable, n’étaient pas identifiés de la part des citoyens. En faisant cette proposition, le nouveau président associe les citoyens de l’Union et permet, par adhésion, l’écriture d’un texte commun aux Européens des 27 états membres. Ainsi l’Europe ne sera plus dirigée seulement par les pays ou les nations, mais également par les peuples.

Il me semble que l’Union doit s’orienter dans deux directions : l’une concerne la citoyenneté européenne et l’autre la structure même de l’Union.

L’Europe a besoin d’être reconnue. Il lui faut pour cela développer une pédagogie. Elle doit être expliquée et valorisée. Enseigner l’Europe est une nécessité afin de créer un sentiment d’appartenance et de fierté. Pour ce faire, il faut penser à une socialisation depuis le pus jeune âge afin de s’acheminer vers une culture commune reconnue.

Structurellement, il me semble que l’Europe doit passer d’une dimension-marché à une dimension-puissance. L’UE a besoin d’une gouvernance visible et pas seulement pour la zone euro. Elle doit passer de la gestion intergouvernementale à une gouvernance fédérale. Les députés européens doivent obtenir plus de pouvoir et le parlement décider d’un vrai budget allant au delà des 1% actuels des PIB des états membres.

Enfin l’UE doit approfondir sa structure même : se donner les moyens de ses politiques communes, notamment en matière de représentation internationale.

On a donc l’impression que quelque chose a changé en Europe. Après les échecs des populistes aux Pays-Bas, en Angleterre et en France, l’Europe retrouve des couleurs. Le nouveau président français devra être un moteur. Il devra convaincre son peuple et entraîner ses homologues vers un destin commun.

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