La question de la défense européenne est liée à celle de son unité politique.

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Au sommet de Bratislava à la fin de l’année 2016, il avait été affirmé que la Défense serait un des grands domaines de progression dans l’intégration européenne. Les choses sont en train de se mettre en place avec notamment la nomination en France de l’ancien ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, en tant que Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et de Sylvie Goulard comme Ministre des Armées. Ces arrivées prennent tout leur sens. En effet, diplomatie et défense sont étroitement liées.

Bien sûr et c’est ce qui doit être recherché, cela passe inévitablement par une intégration plus poussée. Ainsi, les 27 États membres doivent s’attacher à l’unification politique de l’Union européenne. Celle-ci passe par la nécessité de renforcer politiquement et démocratiquement les institutions existantes.

On peut regretter que la compétence de l’Union européenne ne s’étende pas véritablement, jusqu’à maintenant, aux problèmes de politique extérieure. Celle-ci est largement restée dans le domaine réservé des souverainetés nationales. Et pourtant elle est inextricablement liée aux problèmes fondamentaux de la défense européenne. On ne peut en effet, imaginer une défense européenne sans auparavant mettre en place une diplomatie commune.

Seule l’unité politique peut permettre à l’Union européenne de jouer son rôle et exercer une véritable influence dans les relations internationales. La politique de défense doit également tenir compte de l’interdépendance des pays membres et des partenaires économiques et énergétiques mondiaux.

Elle doit avoir par conséquent deux objectifs principaux :

  • Renforcer les relations intra-européennes, notamment le couple franco-allemand mais pas seulement. Prévoir un budget pour la défense commune. Les 27 États membres doivent se mettre autour de la table. La prévision de 2% du PIB de chaque État est une étape mais insuffisante.
  • Faire évoluer l’OTAN et mettre sur pied une Union européenne de la défense.

 

Cela suppose que le pilier européen, d’autant plus fragmenté que le Royaume-Uni s’apprête à quitter l’UE, soit unifié et que l’Europe soit capable de parler d’une seule voix.

À cet effet, il est indispensable de disposer d’une institution appropriée, par laquelle l’UE pourra exprimer une politique commune, tant politique que militaire, élaborer des plans concertés de recherche et de productions communes d’armements et de dégager des vues communes en matière de politique extérieure. Mais aussi d’éliminer les doubles emplois, de réduire les coûts et d’améliorer les capacités d’interventions.

Le système institutionnel actuel montre la nécessité de maintenir un dialogue permanent entre Conseil, conseil des ministres, Commission européenne et Parlement. C’est-à-dire entre représentants des États, des gouvernements et des peuples.

Il manque sur les questions de défense et de sécurité commune une structure capable d’étudier les problèmes d’un point de vue collectif des 27 État membres et de formuler des propositions.

Sujet de réflexion politique intéressant, au moment où Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, présente son paquet Défense et à quelques semaines de la publication d’un texte important sur la politique européenne de sécurité et de défense.

 

Emmanuel Morucci

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