En Italie, Beppe Grillo est grillé

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Je vais parler d’élection cette semaine. mais il ne sera pas question des élections législatives en France. Nous allons passer la frontière et nous rendre en Italie. Dans ce pays, il y a tout juste un an, le mouvement Cinq Étoiles de Beppe Grillo connaissait un succès sans précédent et raflait aux élections municipales les villes de Rome et de Turin.

Dans la capitale italienne, les Romains portaient à la tête de leur ville Virginia Raggi, une avocate née le 18 juillet 1978, et aussi la première femme et la personne la plus jeune à occuper ce poste. Tandis que les Turinois quant à eux offraient le siège municipal à une autre jeune femme, Chiara Appendino. âgée de 32 ans, qui surprenait l’Italie et mettait le Parti démocrate de Matteo Renzi en déroute.

Dimanche dernier, le vent a tourné pour le mouvement de Beppe Grillo et ses partisans : ils ont été éliminés dans les 1004 villes où avaient lieu des élections municipales partielles.

Les militants de Beppe Grillo ne siégeront donc pas dans les conseils municipaux de grandes villes comme Gênes ou Palerme, ni dans les cinq autres villes chefs-lieux de région.

Que s’est-il donc passé ? Une première explication vient de l’ancien premier ministre Matteo Renzi. Pour lui « le Mouvement Cinq Étoiles a perdu car il ne sait pas gouverner ».

En effet, des difficultés en cascades rencontrées par les deux maires de Rome et de Turin ont déçu et inquiété l’électorat italien. Il faut dire également que le mouvement contestataire a souvent du mal à s’imposer au niveau local, en raison des faiblesses de son organisation et de l’absence de candidats de premier plan.

il est vrai aussi que le fondateur du mouvement 5 étoiles est déstabilisant ; c’est un personnage populiste un peu compliqué. Son mouvement est difficile à cerner : mouvement citoyen adepte de la démocratie directe par opposition aux démocraties représentatives, tout en admirant Poutine et se déclarant proche de l’idéologie des Verts. Nos voisins transalpins se souviennent de ces contradictions et cela laisse des traces. Beppe Grillo n’hésite pas non plus lors des élections européennes à se rallier au Britannique Nigel Farel, responsable du brexit. De fait, il unit ses forces à celles des partis europhobes et cela ne plait pas forcément. Il est difficile de le positionner en comparaison à la situation que l’on connaît en France ; il est parfois proche du parti de Jean-Luc Mélenchon et de celui de Marine Le Pen.

De plus, d’un point de vue organisationnel et politique, légalitarisme du début a peu à peu cédé le pas. Beppe Grillo est de plus en plus souvent accusé d’autoritarisme. Au point d’avoir provoqué de nombreuses démissions, dont celle du maire de Parme. Dans ce mouvement, on dénonce souvent le culte de la personnalité, celui du chef.

Ce positionnement de parti anti système place le mouvement dans un ensemble d’incompréhensions pour les Italiens qui restent profondément attachés à l’Union européenne. Le parti connaît finalement les mêmes revers que ceux rencontrés par UKIP au Royaume-Uni, les populistes aux Pays-Bas ou encore le Front national en France.

Voilà comment à entretenir maintes ambiguïtés, Beppe Grillo s’est fait griller.

Emmanuel Morucci

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